L’apprentissage, une ressource indispensable pour le développement des entreprises
Sans compétences, il n’y a ni croissance, ni innovation, ni réindustrialisation. Alors que les difficultés de recrutement s’installent durablement et que les besoins des entreprises continuent de croître, former les talents de demain devient une urgence économique autant qu’un enjeu de société.
Dans ce contexte, l’apprentissage n’est plus seulement une voie de formation : c’est une ressource indispensable pour le développement des entreprises et un véritable levier stratégique, en particulier dans les secteurs en tension, où elles sont confrontées à des difficultés de recrutement persistantes.
Dans de nombreuses filières, les entreprises peinent à recruter les compétences dont elles ont besoin pour se développer. L’apprentissage leur permet de former directement les professionnels de demain aux réalités de leurs métiers.
Pourtant, pour la première fois depuis 2018, le nombre d’alternants est en recul, avec une baisse de 5 % constatée à fin décembre 2025, alors que l’apprentissage progressait jusqu’ici de 15,8 % par an en moyenne. Ce recul, enregistré malgré une demande forte de la part des jeunes, risque de s’intensifier en 2026, à la suite de la réduction de plus d’un milliard d’euros d’aides à l’embauche.
Dans l’incertitude, certaines entreprises renoncent à embaucher des apprentis. Le plébiscite des jeunes ne suffit donc pas : les entreprises doivent pouvoir les accueillir.

L’apprentissage, levier de recrutement et d’insertion professionnelle
Longtemps associé aux métiers manuels ou techniques tels que les métiers du bâtiment ou de l’artisanat et perçu comme une voie de secours pour les élèves en difficulté, l’apprentissage concerne désormais tous les niveaux de qualification, du CAP au diplôme d’ingénieur, et qui touche l’ensemble des secteurs d’activité, de la boucherie au marketing en passant par l’aéronautique et la médecine.
Pour les entreprises, l’apprentissage représente un moyen efficace de préparer les recrutements futurs en intégrant progressivement de nouveaux talents tout en permettant aux employeurs, qui participent activement à leur formation et qui les fidélisent sur la durée, d’évaluer les compétences et le potentiel des jeunes.
Aujourd’hui, une entreprise qui recrute un apprenti, c’est une entreprise qui s’implique dans sa formation, qui le confronte à ses problématiques, le forme en fonction de ses spécificités, l’accompagne à chaque étape pour lui permettre un apprentissage optimal et lui propose de rester après avoir achevé son contrat.
En matière de fidélisation des apprentis, les résultats sont particulièrement probants : six mois après leur sortie d’étude, plus d’un quart des apprentis (29%) travaillent chez le même employeur que durant leur contrat d’apprentissage. Les apprentis sont également 44 % à exercer un métier dans la branche professionnelle correspondant à leur formation.
Les chiffres démontrent clairement l’efficacité de l’apprentissage en matière d’insertion professionnelle.
En 2024, le taux d’emploi 6 mois après la sortie d’études en apprentissage était établi à :
- 56 % pour les titulaires d’un CAP en apprentissage contre 24 % en voie scolaire
- 63,7 % pour les titulaires d’un baccalauréat professionnel en apprentissage contre 39 % en voie scolaire
- 64,6 % pour les titulaires d’un BTS en apprentissage contre 55 % en voie scolaire
À niveau de diplôme équivalent, les jeunes ayant suivi une formation en apprentissage accèdent donc plus rapidement à l’emploi et bénéficient d’une insertion professionnelle plus solide. L’apprentissage représente également un outil majeur de lutte contre le chômage des jeunes et un facteur d’égalité des chances en facilitant l’accès à l’emploi.

L’apprentissage, une réponse aux mutations économiques
Mais l’apprentissage n’est pas seulement un levier de recrutement et d’insertion professionnelle, c’est aussi une réelle opportunité permettant de répondre aux mutations économiques qui redessinent aujourd’hui les besoins en compétences des entreprises, comme la transformation numérique ou la transition écologique.
Face à ces mutations dont le rythme s’accentue, les cycles de formation traditionnels peinent parfois à suivre le rythme des besoins des entreprises auxquels ils ne sont pas toujours adaptés. A contrario, l’apprentissage permet à la formation de s’adapter efficacement aux nouveaux besoins des entreprise en alliant enseignement théorique et expérience terrain.
Pour illustrer la grande flexibilité de l’apprentissage, l’intelligence artificielle, qui redessine les besoins des entreprises, est le parfait exemple. Grâce à leur proximité avec les entreprises, les CFA sont les plus proches pour répondre à leurs nouveaux besoins, et former les alternants aux compétences nouvelles et à l’utilisation de l’IA. Des jeunes opérationnels, préparés aux métiers de demain, c’est ce que l’alternance garantit aux entreprises.
Puisque le lien entre entreprises et centres de formation est au centre des cursus en apprentissage, l’offre de formation des CFA est sans cesse ajustée et renouvelée et s’adapte rapidement aux nouvelles réalités économiques et technologiques des entreprises.
L’apprentissage, développer la compétitivité des entreprises
Au-delà de représenter un levier de recrutement et d’insertion professionnelle majeure et d’incarner une réponse forte aux mutations économiques, l’apprentissage présente un autre atout incontournable : développer la compétitivité des entreprises.
Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, la capacité des entreprises à attirer, développer et fidéliser les compétences devient un avantage compétitif majeur et permet aux entreprises de tirer leur épingle du jeu.
L’apprentissage permet de constituer des viviers de talents qui viendront alimenter les bassins d’emploi de demain en s’adaptant aux nouvelles compétences en transmettant et préservant les savoir-faire rares. Il permet aux jeunes de se former à la fois à la microélectronique et aux semi-conducteurs, secteurs fortement en demande et dont la croissance ne cesse de s’accélérer, mais également aux métiers de l’horlogerie ou de la conservation patrimoniale, plus rares mais préservés notamment grâce à la formation de nouveaux talents via des cursus en apprentissage.
Mais au-delà de ces secteurs et des compétences spécifiques qui y sont liées, l’apprentissage sécurise également les futurs recrutements des secteurs en tension, omniprésents dans le paysage et dont les besoins de recrutement s’accentuent année après année.
Pour répondre à la forte demande des jeunes tout en permettant aux entreprises de bénéficier de cette main-d’œuvre qualifiée dont ils ont crucialement besoin pour entrevoir avec sérénité le futur et se développer, il est important de garantir aux entreprises d’avoir les moyens nécessaires pour continuer à recruter des apprentis.
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